Chapitre 1 : Mes Premières impressions dans la Chine du Thé. |
Autant vous dire que mes repères de française ont vite été bousculés et mes «chochotteries» de théophile parisienne rapidement mises en sourdine (rien de péjoratif dans ce néologisme mais j’ai pris l’habitude depuis toutes ces années de passion pour le thé de choisir mes accessoires, de veiller à la température de l’eau…)
| Premier contact avec le thé : des feuilles d’un thé vert primeur sauvage jetées dans un verre devenu opaque par l’usure d’eau quasi bouillante. Et je ne vous parle pas du pseudo Lipton pris sur le pouce à notre arrivée à Hangzhou, pourtant Capitale du fameux Long Jing. Pour ce qui est des contrefaçons de thé, des thés vendus soi-disant primeurs alors qu’ils ont le teint jaune, des faux certificats de thés déclarant un thé sans pesticide acheté pour 500 yuans (équivalent de 50€), cela devenait pour le tout venant une réalité avec laquelle il valait mieux savoir jongler. Un mythe allait-il s’effondrer ? Berceau ancestral du thé, la Chine ne m’offrait pas de prime abord l’image d’Epinal que j’attendais de ce noble breuvage ! |
Autant le premier thé bu en terre chinoise fut infecte, autant la suite des aventures fut riche en émotions.
Emotions humaines tout d’abord. Chaque fermier, artisan, potier et toute leur famille sur plusieurs générations partageait avec nous leur vie et s’étonnait que nous, les propriétaires de la Tour Eiffel, puissions nous intéresser ne serait-ce que de loin au thé. Ils partageaient leur habitat, leur table, leur cochon avec tellement de cœur !
Emotions visuelles : je ne peux que difficilement décrire ce que j’ai ressenti lors d’une marche en montagne, à travers une forêt de bambous façon «Tigre et Dragon» et l’arrivée, au sortir de cette végétation dense, dans une plantation de thé où des femmes au teint si coloré, aux doigts si agiles, pinçaient uniquement le bourgeon vert tendre pour le déposer dans leur panier. | |
| Emotions gustatives : le thé est présent toute la journée. L’eau n’étant pas potable, une eau bouillie, refroidie ou non, vous attend dans chacun de vos lieux de visites (Shen Nong, père du thé en 2737 avant notre ère, herboriste, civilisateur émérite de la mythologie chinoise avait eu le nez fin en imposant à toute la nation de faire bouillir l’eau pour une meilleure santé !). Je comprenais alors que le thé avait cette fonction première que de donner quelques saveurs à l’eau. Je comprenais également pourquoi les chinois sont parmi les plus faibles consommateurs de thé. Ils partent le matin avec quelques feuilles dans un petit bocal (type thermos sans fonction « maintien au chaud ») qu’ils gardent près d’eux, noyant de plus en plus les feuilles, devenues insipides en fin de journée. Toutefois, ces feuilles de thé à même le verre, servies à table ou avec quelques fruits secs dans les campagnes me ravissaient. Je m’appropriais un peu de la culture chinoise des campagnes à travers ces petites gorgées qui avaient le goût du voyage, de l’évasion et du partage. |
Site de Mademoiselle Thé : http://www.mademoiselle-the.fr
Crédit Photos : © Mademoiselle Thé 2011
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